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Accueil de la bibliothèque > Aspects de la contrebasse solitaire par Anne Salliot (1994)

Aspects de la contrebasse solitaire - PREMIERE PARTIE : Présentation de l'instrument - Un instrument instable

PREMIERE PARTIE : Présentation de l'instrument > Un instrument instable

Première Partie

Présentation de l'instrument

I- Un instrument instable
II- Le répertoire pour contrebasse
III- L'apport du jazz

I- Un instrument instable

A- Bref historique

Dès le seizième siècle, deux familles d'instruments à cordes frottées se côtoient : celle des violons et celle des violes. Cette existence parallèle nourrit une ambiguïté quant à l'origine de la contrebasse actuelle. Pour certains musicologues, la contrebasse actuelle est affiliée à la contrebasse de viole. Seuls auraient changés le nombre de cordes, la forme des ouïes, la caisse de résonance. Dolmetsh en conclut que la "sonorité vigoureuse mais impure et vulgaire de la contrebasse"1 provient de cette métamorphose de l'instrument original.

Pour d'autres, et depuis le siècle des lumières avec Diderot et D'Alembert, il parait plus probable que la contrebasse actuelle provienne de la famille des violons. Des études de lutherie argumentent ce point de vue. Nous ne pouvons que soulever ce problème, sans apporter de réponses, qui entraîneraient quelques polémiques vaines.

La contrebasse, "compromis formel"2 entre les violes et la silhouette du violon fut d'abord appréciée à l'église pour sa fonction de basse continue. Ce n'est que dans la seconde moitié du dix-septième siècle que la contrebasse fait son entrée parmi "les violons du roi". Au dix-huitième siècle, elle entre à l'Opéra de Paris. La seconde moitié du dix-huitième et surtout le dix-neuvième siècle, auront leur premier virtuose, avec l'avènement d'oeuvres concertantes pour cet instrument.

B- Facture instable de la contrebasse

La contrebasse apparaît comme un instrument bâtard. Son origine est certes ambiguë, mais ses dimensions, son nombre de cordes, la tenue de son archet constituent encore des éléments non déterminés dans l'histoire de la contrebasse et encore aujourd'hui.

Les "bassettes", petites contrebasses de chambre sont couramment utilisées jusqu'au début du dix-neuvième siècle. Les quelques essais pour remplacer la bassette par la suite ne parvinrent pas à s'imposer. A coté de ces petites contrebasses, la construction de contrebasses géantes séduit les luthiers dès le dix-septième siècle. Divers témoignages rendent comptent de l'utilisation de ces contrebasses. Citons au
dix-neuvième siècle la célèbre octo-basse de Jean Baptiste Vuillaume, mesurant 3,48 m de haut (elle ne descend en fait que de deux tons la corde grave d' une contrebasse à quatre cordes). Berlioz admirait "ses sons d'une puissance et d'une beauté remarquable, pleins et forts, sans rudesse."3 La contrebasse, telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui n'est plus marquée par ces différences flagrantes. Cependant, elle n'a pas de forme fixe déterminée, contrairement aux autres instruments du quatuor. La contrebasse de facture allemande est souvent la plus grosse (contrebasse 4/4, caisse de résonance 130 cm, longueur de corde vibratoire 112 cm). La contrebasse 3/4 est fréquemment utilisée en France par les solistes classiques, et en musique de chambre (caisse de résonance 110 cm, longueur de corde vibratoire 106 cm).

Le nombre de cordes de la contrebasse oscille depuis le seizième siècle entre trois et six. Avec les virtuoses Dragonetti, Bottesini, au dix-neuvième siècle, la contrebasse à trois cordes s'impose face à d'autres contrebasses. Elle disparaît cependant peu à peu pour laisser place à la contrebasse actuelle à quatre cordes. Une cinquième corde est fréquemment rajoutée pour élargir le registre grave de la contrebasse (la contrebasse à cinq cordes d'orchestre est accordée do mi la ré sol). Aujourd'hui, contrebasses à quatre et cinq cordes se côtoient. A ce nombre de cordes instable, s'ajoute un accord qui varie selon la fonction de la contrebasse et le goût de l'instrumentiste (accord d'orchestre, accord de soliste).

Les discussions autour de cette instabilité de la facture de la contrebasse ne cessent depuis plusieurs siècles. La contrebasse est un instrument en perpétuelle évolution. Comme Paul Brun, nous pouvons nous interroger sur son avenir : "Les décennies à venir nous révéleront si le processus n'est qu'une mode passagère ou s'il doit conduire à l'élimination pure et simple de la contrebasse à quatre cordes des grandes formations orchestrales... dans le passé, la contrebasse à trois cordes a cédé la place à la contrebasse à quatre cordes. Espérons que cette dernière ne disparaîtra pas au profit de la contrebasse à cinq cordes."4

C- Techniques d'archets diverses

Au dix-huitième siècle, deux techniques d'archet se confrontent : paume vers le haut (technique de la viole), paume vers le bas (technique du violoncelle). Cette dernière tenue d'archet constitue une nouveauté au dix-huitième siècle, qui ne va sans polémiques. Encore aujourd'hui subsistent deux techniques d'archet différentes pour les contrebassistes : main sur la baguette (archet français), main sous la baguette (archet allemand). Chaque école défend sa technique de jeu. Ainsi défauts et mérites de chaque tenue d'archet peuvent être brièvement énoncés. L'archet allemand offrirait une plus belle sonorité, pour une pression nécessaire plus faible. L'archet français permettrait une plus grande souplesse dans le jeu, un phrasé plus subtil... Quelques essais d'assemblages de deux techniques différentes dans un même pupitre
de contrebasses à l' orchestre (exemple Hans Fryba et Pierre Delecluse dans l'orchestre de la Suisse Romande) se révèlent positifs. Paul Brun juge ces expériences trop rares, et conclut : "Cette profonde incompréhension comme l'absence de toute volonté de coopération entre les tenants des différentes écoles d'archet représentent les aspects les moins positifs de la coexistence des ces techniques qui pourraient s'avérer si enrichissante par ailleurs."5

1- Cité par Paul Brun. Histoire des contrebasses à cordes, Paris : La flûte de Pan, 1982, p. 31.
2- Alain de Chamburre. "Contrebasse", Encyclopédie de la musique, dir. François Michel, Paris : Fasquelle, 1958-61, vol.1, p. 583.
3- Cité par Paul Brun. Op. cit., p. 1 38.
4- Paul Brun. Op. cit., p. 218.
5-Paul Brun. Op. cit., p. 236.

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- Table des matières
- Avant-propos
- Introduction
- PREMIERE PARTIE : Présentation de l'instrument
- DEUXIEME PARTIE : Quelques aspects de l'écriture
- TROISIEME PARTIE : Exploration de l'instrument
- QUATRIEME PARTIE : Théâtre
- Conclusion
- Bibliographie
- Annexes

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