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Accueil de la bibliothèque > Aspects de la contrebasse solitaire par Anne Salliot (1994)

Aspects de la contrebasse solitaire - PREMIERE PARTIE : Présentation de l'instrument - Le répertoire de la contrebasse

PREMIERE PARTIE : Présentation de l'instrument > Le répertoire de la contrebasse

II- Le répertoire de la contrebasse

A- De l'époque classique au début du vingtième siècle

La contrebasse, dans un répertoire fort peu connu se détache de sa fonction de soutien harmonique, d'accompagnement pour acquérir une fonction d'instrument soliste. Certes, si le répertoire pour contrebasse seule n'apparaît que dans la seconde moitié du vingtième siècle, les concertos pour contrebasse voient le jour dès l'époque classique. L'école viennoise contribue largement au développement de ce répertoire naissant. Les premiers concertos furent composés par Karl von Dittersdorf, W. Bilch. Haydn composa également un concerto pour contrebasse, qui fut partiellement perdu.

En cette même époque, plusieurs contrebassistes virtuoses-compositeurs écrivent pour leur instrument : Joseph Kaempfer, Karl Sperger, Franz Anton Hoffmeister laissent une littérature abondante pour cet instrument trop souvent oublié. Le dix-neuvième siècle doit ses quelques concertos aux contrebassistes Domenico Dragonetti, Giovanni Bottesini, Achille Gouffé. Puis Edouard Nanny, Serge Koussevitzky, dans la première moitié du vingtième siècle.

Malgré les efforts des contrebassistes-compositeurs pour mettre en valeur leur instrument, le répertoire pour contrebasse jusqu'en 1950 reste maigre. Les nombreuses transcriptions réalisées par les contrebassistes eux-mêmes aujourd'hui, sont le reflet de cette carence de littérature pour la contrebasse (notons une abondance de transcriptions d'oeuvres romantiques). Certains contrebassistes (Bertram Turetzky, Joëlle Léandre) collaborant largement à l'extension du répertoire actuel pour contrebasse s'opposent au principe de la transcription. Celui ci révèle une frustration du contrebassiste, un non-respect du compositeur (lorsqu'il s'agit évidemment de transcriptions d'oeuvres antérieures au vingtième siècle, qui ne peuvent résulter d'une collaboration avec le compositeur lui-même), et surtout un désintérêt pour les musiques de notre temps. Bertram Turetzky dit : "Dans six ans, on atteint un nouveau millénaire, il est temps de prendre en considération le vingtième siècle. On vit une époque contemporaine dans tous les domaines (télévision, radio, informatique) sauf dans celui de la musique, ou l'on vit au dix-neuvième siècle. C'est suicidaire ! "1

B- Le répertoire pour contrebasse seule : à partir de 1950

C'est grâce à la démarche de contrebassistes auprès des compositeurs qu'un tel répertoire a pu voir le jour. Citons Bertram Turetzky aux Etats-Unis, Joëlle Léandre en Europe, comme véritables propagateurs des musiques de notre époque.

Bertram Turetzky réagit contre l'image de la contrebasse de concert, amplifiée par " L'éléphant de Saint Saens, Le ballet des sylphes de Berlioz, ou Le songe d'une nuit d'été de Mendelssohn."2 Dans les années cinquante, Turetzky fait des recherches sur son propre instrument, afin de faire prendre conscience aux compositeurs des ressources de la contrebasse : "Je peux assurer que la contrebasse est l'instrument à cordes aux possibilités les plus diversifiées."3proclame t'il. Ses efforts ne furent pas vains. En 1974, lorsqu'il publie son ouvrage The contemporary contrabass, plus de 150 pièces de compositeurs divers ont déjà été écrites pour lui, ou grâce à lui.

La démarche de Joëlle Léandre fut similaire, vingt ans plus tard. S'inquiétant dans les années 70 pour l'avenir de son instrument, dotée d'une personnalité curieuse, elle fait appel aux maisons d'éditions en Europe. Mais c'est aux Etats Unis, qu'elle découvre "que l'on pouvait écrire pour la basse seule"4. Commence alors une période de découverte de ce répertoire. De retour en Europe, elle sollicite à son tour les compositeurs comme l'avait fait Bertram Turetzky, vingt ans plus tôt. Nous avons pris l'exemple de ces deux contrebassistes, symbole de la recherche de musiques nouvelles mais de nombreuses autres pièces furent écrites pour d'autres contrebassistes :

- In et Out de Dusapin, Fantasia Oscura de Marc Monnet pour Jean Paul Céléa
-Théraps de Xénakis, Convergence II de Taira pour Fernando Grillo
- Zab de Philippe Boivin pour Jean Pierre Robert
- Crypte de Daniel Meier pour Elisabeth Vanthomme

Après s'être attardé sur la manière dont ce répertoire s'est constitué, il convient de définir le répertoire lui-même ou du moins les pièces qui ont retenu notre attention pour la présente étude (voir liste ci-après)5.

1949 Sérénade HENZE
1968  Improvisations pour contrebasse seule KURTZ
1969 Valentine DRUCKMAN
1969 Hommage à J. S. Bach ZBINDEN
1971 A. Mi. K. Giao Trahn DAO
1972 Nuits SCELSI
1974 Lignes interrompues RICHER
1975 Alice FINISSY
1975 Essay LOMBARDI
1975 Sonate SCHROEDER
1976 Cestique I COLIN
1977 Sonate ELUS
1976 Percorso F MANZONNI
1976 Capriccio MASTROCIOVANNI
1976 Macknongam SCELSI
1976 Convergence II TAIRA
1976 Théraps XENAKIS
1978 Comme Shirley PIECHOWSKA
1979 J'ai tant rêvé KANACH
1979 Piège I RICHER
1981 Zab, ou la passion selon Saint Nactaire BOIVIN
1983 Lem DONATONI
1984 Episode huitième JOLAS
1985 La signature, la date, etc... APERGHIS
1986 Processus II FINZI
1986 Crypte MEIER
1987 Mantram SCELSI
1989 In et Out DUSAPIN
1989 Trittico per G. S. FERNEYHOUGH
1989 Fantasia Oscura MONNET
1990 Cinq algorithmes BOIVIN
1991 Silence IV LEANDRE
1991 Taxi LEANDRE

Le nombre de pièces choisies ne constitue qu'une petite parcelle du répertoire. Des compositeurs tels que Philippe Hersant, Philippe Fénélon, Jean-Yves Bosseur... se sont également intéressés à la contrebasse. Le manque d'information à propos de ces oeuvres, inédites, non enregistrées nous contraint à les passer sous silence. Une liste plus complète des oeuvres pour contrebasse seule les cite, en annexe.

La plupart des oeuvres proviennent (intentionnellement) de compositeurs européens (beaucoup proportionnellement sont italiens). Cependant certaines pièces d'auteurs américains comme Valentine de Druckman, Improvisations pour contrebasse seule de Eugène Kurtz constituent des oeuvres maîtresses du répertoire, et s'intègrent dans notre corpus d'étude. Ces oeuvres sont d'ailleurs composées avant 1970, ce qui correspond au résultat (même indirect) des recherches de Bertram Turetzky effectuées à partir des années cinquante. Dès les années soixante-dix, les oeuvres se font plus nombreuses en Europe. La contrebasse se fait remarquer, "connaître" auprès des compositeurs.

Sans constituer une présentation de chaque compositeur, il semble important de les situer, chronologiquement. Deux générations peuvent se distinguer :
- Une première regroupe les compositeurs nés avant 1940 : Cage, Henze, Kurtz, Druckman, Scelsi, Donatoni, Xénakis, Aperghis, Femeyhough, Jolas...
- Une seconde regroupe les "jeunes " compositeurs : Dusapin, Kanach, Boivin, Léandre...

Les pièces Valentine, de Druckman, Improvisations pour contrebasse seule de Kurtz représentent une exploitation nouvelle des ressources de la contrebasse. Elles ont fait largement avancer l'écriture de la contrebasse. Avec ces oeuvres, et le potentiel créatif qui accompagne encore les suivantes, on peut parler d'une évolution flagrante de l'écriture pour la contrebasse. Evolution de sa fonction : accompagnatrice, elle devient soliste ; ce qui implique inévitablement une évolution dans l'exploration de ses ressources sonores.

Le répertoire pour contrebasse seule est constitué de pièces les plus diverses, dans leur conception, leur objectif. Cependant, plusieurs axes de recherche émergent, et qui le plus souvent s'entrecroisent au sein d'une même oeuvre :
- Recherche de théâtralité : Kurtz, Druckman, Richer, Kanach, Léandre...
- Travail sur le son (l'intérieur du son) : Scelsi
- Performance technique : Xénakis, Ferneyhough...
- Ecriture plus traditionnelle : Henze, Ellis, Zbinden, Meier, Donatoni...
- Interaction avec le jazz : Dusapin...

1- Bertram Turetzky. Conférence, Festival international de contrebasse, Avignon, août 1994.
2- Bertram Turetzky. The contemporary contrabass, Berkeley : University of California Press, 1974, p. vii
3- Bertram Turetzky.Conférence, Op. cit.
4- Joëlle Léandre. La revue de la contrebasse en France, 6, juin-juillet 1994, p. 6.
5- Les oeuvres pour contrebasse et dispositif électronique ne font pas partie des oeuvres considérées dans cette étude. Elles créent une trop grande ouverture sur un domaine spécialisé.

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- Table des matières
- Avant-propos
- Introduction
- PREMIERE PARTIE : Présentation de l'instrument
- DEUXIEME PARTIE : Quelques aspects de l'écriture
- TROISIEME PARTIE : Exploration de l'instrument
- QUATRIEME PARTIE : Théâtre
- Conclusion
- Bibliographie
- Annexes

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