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Accueil de la bibliothèque > Aspects de la contrebasse solitaire par Anne Salliot (1994)

Aspects de la contrebasse solitaire - TROISIEME PARTIE : Exploration de l'instrument - L'exploration de l'instrument

TROISIEME PARTIE : Exploration de l'instrument > L'exploration de l'instrument

Troisième partie

L'exploration de l'instrument

I- Le timbre de la contrebasse
II- La contrebasse, instrument de percussion

I- Le timbre de la contrebasse

Depuis les années cinquante, le rôle du timbre s'affirme "non seulement complémentaire des autres attributs du son mais prédominant, déterminant de tous les aspects de l'oeuvre."1 Cette évolution du timbre apporte de nouvelles réflexions. Schaeffer écrit : "le timbre d'un son peut se considérer comme une caractéristique propre de ce son (référence à un instrument donné) sans être clairement rapporté à un instrument déterminé. Ainsi les instruments ont un timbre particulier, et chaque objet sonore qu'on en tire a son timbre particulier."2 Dans les pièces pour instrument seul, il y a donc coexistence de timbres différents provenant d'une même source, et non de timbres différents provenant de sources différentes (si l'instrumentiste ne devient pas instrument lui-même). Cette prise de conscience du double aspect du timbre collabore à la richesse de l'oeuvre contemporaine.

A- Situation du timbre traditionnel

Le timbre traditionnel est obtenu par un mode de jeu classique : "Le son normal de la contrebasse est produit par l'archet tiré ou poussé à une pression et une vitesse qui varient selon l'intensité ; l'archet est à un emplacement proportionnel à la longueur de la corde vibrante (quand on joue vers l'aigu d'une corde, l'archet va proportionnellement vers le Pont.) Ce son est traditionnellement orné d'un léger vibrato de la main gauche."3

Le timbre traditionnel, celui qui se réfère aux musiques antérieures s'impose comme couleur principale dans quelques oeuvres. Nous pouvons citer Sérénade de Henze (1949), Hommage à J. S. Bach de Zbinden (1969), la Sonate op. 42 de Ellis (1975), la Sonate pour contrebasse seule de Schroeder (1975). Après les années quatre-vingt, Lem de Donatoni (1983), In et out de Dusapin (1989), Mantram de Scelsi (1992), sont caractéristiques de cette tendance. Gérard Condé dans un article sur la musique de Donatoni écrit à ce propos : [l'écriture instrumentale] "est tout à fait classique : pas de recherches de sonorités pour elles-mêmes, un jeu "normal" en opposition radicale avec presque tout ce qui est fait depuis trente ans dans dans le domaine de l'exploration des possibilités nouvelles."4 In et Out, (première partie pizzicato sempre ; deuxième partie arco sempre) se consacre à l'emploi des modes pentatoniques, et de quelques rythmes caractéristiques du jazz. Mantram se présente comme une monodie simple, ornée d'appoggiatures. Les préoccupations principale de ces oeuvres ne concernent pas la recherche de timbres inouïs. Si elles utilisent parfois différents modes de jeu (arco normal, sul ponticello, pizz) , ceux-ci ne constituent pas une rupture avec le mode de jeu classique défini par Jean-Pierre Robert.

Rappelons que les qualités expressives de la contrebasse soliste (soliste face à un orchestre) n'ont guère été exploitées avant les années cinquante qui ont marqué l'avènement d'une littérature pour cet instrument oublié.

Le timbre traditionnel constitue un centre d'intérêt considérable. Son utilisation permet de focaliser l'attention sur d'autres éléments.

La recherche de timbres nouveaux ne signifie pas abandon total du timbre traditionnel. Celui-ci devient un timbre parmi d'autres. Il s'associe à d'autres timbres provenant de la même "cause instrumentale"5. Jean Pierre Robert dit de sa définition du timbre traditionnel qu'elle sert de référence. Cette référence constitue un point de départ pour les recherches sonores et du timbre.

Dans de nombreuses oeuvres, le timbre traditionnel est utilisé au même titre que les autres. Il n'y a pas de hiérarchie préexistante entre timbre traditionnel, et timbre "nouveaux". Improvisations pour contrebasse seule de Eugène Kurtz (1968) regorge de couleurs timbriques différentes. Le jeu "ord" marquant un retour au mode de jeu traditionnel est présent dans la partition, mais sans avoir plus d'importance que d'autres modes de jeu caractéristiques de l'écriture contemporaine.

1- Claude Cadoz. "Virtualité du timbre ? Réalité de l'instrument ! ", Analyse musicale, 18, janvier 1990, p. 68.
2- Cité par Claude Cadoz. Ibid.
3- Jean-Pierre Robert. Modes de jeu de la contrebasse, éd. J. P. Robert, 1992.
4- Gérard Condé. Le monde, supplément radio-télé, 9-25 novembre 1990, p. 22.
5- Pierre Schaeffer, cité par Claude Cadoz. Op. cit.


Exemple 1. Improvisations pour contrebasse seule, de E. Kurtz

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- Table des matières
- Avant-propos
- Introduction
- PREMIERE PARTIE : Présentation de l'instrument
- DEUXIEME PARTIE : Quelques aspects de l'écriture
- TROISIEME PARTIE : Exploration de l'instrument
- QUATRIEME PARTIE : Théâtre
- Conclusion
- Bibliographie
- Annexes

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