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Accueil de la bibliothèque > La musique et les musiciens LA MUSIQUE ET LES MUSICIENS - CHAPITRE III - Grammaire de la musique - Ce qu'est le contrepoint. > CHAPITRE III - Grammaire de la musique > Ce qu'est le contrepoint.

B. — Ce qu'est le contrepoint.

Le contrepoint n'est ni le préambule ni le complément des études harmoniques, comme on est assez généralement porté à le croire. C'est autre chose. C'est l'étude des procédés, parfois rudimentaires, employés par d'anciens maîtres, lesquels ont eu une telle action sur l'évolution musicale, qu'on doit considérer que l'art moderne ne pourrait exister sans eux. On en retrouve des traces indéniables jusque dans les œuvres les plus avancées de l'école actuelle, qui ne fait souvent qu'appliquer autrement, après l'avoir perfectionné et enrichi, l'outillage, merveilleux dans sa naïveté, légué par les ancêtres.

Que l'étude du contrepoint doive précéder ou suivre celle de l'harmonie, ou marcher de front avec elle, c'est affaire de pure pédagogie ; ce qui est certain, c'est qu'elle s'impose à tous, ne fût-ce qu'au point de vue archéologique, et que nul ne doit songer à devenir un musicien complet, ni à produire des œuvres ayant caractère élevé, s'il n'est d'abord un fort contrepointiste. C'est, si l'on veut, une langue morte dont est dérivé le langage actuel, et dont le musicien a le même besoin que le littérateur du latin ou du grec. La connaissance de cette langue nous est d'ailleurs indispensable pour la complète intelligence des œuvres de maîtres tels que Bach, Haendel, Palestrina, etc., qui l'ont créée au fur et à mesure des besoins de leur génie, et ne serait-ce qu'à ce seul titre, on n'a pas le droit de la négliger; de plus, par la pratique du contrepoint, dont les règles sont beaucoup plus austères et plus absolues que celles de l'harmonie, le compositeur acquiert une souplesse particulière, une facilité d'écriture et une légèreté de main qui le récompensent rapidement de l'aridité de cette étude.

En quoi donc le contrepoint diffère-t-il tellement de l'harmonie ?

En harmonie, comme on l'a vu précédemment, on trouve un matériel tout fait, des accords; on les combine, on les modifie, on les enchaîne entre eux, mais ce sont toujours des accords.

Le contrepoint, lui, ne connaît pas d'accords; sa matière première, c'est la note; il associe une note à une autre note, ou à plusieurs notes, sans souci de l'accord que cela formera, et en ne tenant compte que du rapport existant entre ces notes, c'est-à-dire de l'intervalle. La combinaison des notes entre elles, voilà son essence et son but; on y trouve aussi l'explication de son nom : note contre note, point contre point, punctum contra punctum. Les contrapunctistes ne font pas une personnalité de l'accord; ils ignorent son nom et son existence, et n'envisagent les sons qu'aux points de vue de leurs distances réciproques, de leur degré de consonance ou dissonance, et de leurs affinités.

Si donc dans les pages qui suivent nous employons parfois quelques noms d'accords, ce sera uniquement pour nous faire mieux comprendre de ceux qui sont déjà initiés aux choses de l'harmonie.

L'attention du lecteur attirée sur ce point, l'exposé sommaire de quelques règles fera comprendre l'ensemble de ce système primitif, mais essentiellement robuste.

On peut écrire en contrepoint depuis deux jusqu'à huit parties.

Deux ou plusieurs parties disposées de façon à pouvoir être exécutées simultanément, et à produire ainsi un ensemble satisfaisant pour l'oreille, constituent le contrepoint simple, à deux, trois, quatre... parties.

Lorsque ces parties sont combinées de telle sorte qu'on puisse sans inconvénient les intervertir, le contrepoint est double, ou triple, ou quadruple, etc , on l'appelle aussi renversable.

Quand les diverses parties reproduisent l'une après l'autre le même contour mélodique, soit à l'unisson, soit à l'octave, à la quinte, à la quarte..., c'est le contrepoint en imitation. Cette imitation peut être régulière ou irrégulière; pour être dite régulière, elle doit respecter la place des tons et demi-tons, et la ressemblance doit être complète entre l'antécédent, qui propose le contour mélodique, et le ou les conséquents qui l'imitent; irrégulière, telle copie moins servilement le modèle, se bornant à parcourir le même nombre de degrés que lui, sans égard à la qualification de l'intervalle; le dessin général seul subsiste.

L'imitation peut aussi avoir lieu par augmentation ou par diminution, c'est-à-dire en valeurs plus longues ou plus courtes que celles du modèle proposé; elle peut être renversée ou par mouvement contraire, le conséquent descendant quand l'antécédent monte, et vice versa; il y a encore l'imitation rétrograde, qui reproduit son modèle à reculons, en commençant par la dernière note et finissant par la première, etc.; ce sont là les jeux du contrepoint, qui parfois dégénèrent en chinoiseries.

La plupart de ces exercices se font sur une partie donnée qu'on nomme plain-chant ou chant donné; on transporte successivement ce plain-chant dans les différentes voix, et on s'ingénie à créer des parties d'accompagnement, en nombre toujours croissant, et en s'astreignant rigoureusement aux conditions suivantes :

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