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Accueil de la bibliothèque > Argot musical ARGOT MUSICAL - Lyre, luth, théorbe, etc. > Lyre, luth, théorbe, etc.

Lyre, luth, théorbe, etc. — Instruments de parade employés dans le jargon des poètes.

O muse ! je t'invoque. Emmielle-moy le bec
Et bande de tes mains les nerfs de mon rebec.
                        M. Régnier. Le souper ridicule.

J'ai chanté sur la cornemuse
Maint dizain, voire maint onzain ;
Mais jamais l'effort de ma muse
Ne m'a pu produire un douzain1.
                            Saint-Amand.

« Le poète chantait, quand la lyre fidèle
S'échappa tout-à-coup de sa débile main ;
Sa lampe mourut et, comme elle,
Il s'éteignit le lendemain. »
                    Millevoye. Le poète mourant.

«Au moment du travail, chaque nerf, chaque fibre
Tressaille comme un luth que l'on vient d'accorder.»
                                                         A. de Musset.

« Ne rougis pas, ô mon génie !
Quand ta corde n'aura qu'un son,
Harpe fidèle, chante encore
Le Dieu que ma jeunesse adore,
Car c'est un hymne que son nom. »
                A. de Lamartine. Harmonies.

« L'homme est petit, ingrat et vain,
Dans les champs tout vibre et soupire.
La nature est la grande lyre,
Le poète est l'archet divin. »
            V. Hugo. Rayons et Ombres.

Les poètes classiques se montraient fort chatouilleux à l'endroit de l'instrument que leur muse avait adopté. Les lyriques n'entendaient pas que les harpistes ou les lutheurs eussent l'audace d'en pincer sans autorisation.

Tout le monde connaît la chanson :

« O ma tendre musette,
Musette mes amours. »

« Cette chanson, dit E. Fournier, est le plus beau titre lyrique de La Harpe. Un jour qu'on vantait devant Delille les élans dithyrambiques du poète de Mélanie, l'abbé coupa court à cet enthousiasme en disant :

« De l'admiration réprimez le délire,
Parlez de sa musette et non pas de sa lyre. »

Citons, pour conclure, le spirituel apologue que Clément Caraguel contait en 1852 aux lecteurs du Charivari.

« On raconte que le calife Aroun-al-Raschild fit venir un jour dans son palais trois poètes de l'académie de Bagdad. Ils arrivèrent d'un pied léger, le visage riant, persuadés que le calife voulait augmenter leurs pensions ou leur donner quelque décoration nouvelle.
L'un avait publié des épîtres, l'autre des élégies et des stances, le troisième un poème épique. Tous avaient fait des tragédies.
— Approchez, mes amis, dit le calife; je vous ai mandés pour savoir de vous la définition de certains mots dont vous vous servez dans vos poésies et dont je n'ai encore pu me rendre bien compte.
— Sublime calife, répondit un des trois poètes, lumière des vivants, puits de sagesse...
— Bien, bien, interrompit Aroun, laissons les compliments et venons au fait. Vous alliez me dire sans doute que vous étiez prêts à me répondre. Eh bien, qu'est-ce que ce luth dont vous parlez si souvent? Vous dites : la muse m'inspire, je prends mon luth ; je vais accorder mon luth, où est mon luth ? n'aurait-on pas par hazard volé mon luth ? qu'on me l'apporte, je vais chanter.
— Sublime calife, dit le poète avec un certain embarras, ce sont là des façons de parler.
— Alors, s'écria Aroun, on n'a jamais vu de luth, on ne sait pas ce que c'est?
— Mon Dieu, non; il est convenu, entre nous autres poètes, que nous jouons du luth.
— Et pourquoi est-ce convenu?
— Pour faciliter nos exercices poétiques; c'est une manière tout à fait aisée d'entrer en matière et d'en imposer au vulgaire; cela remplace quelquefois l'inspiration.
— Je le vois bien, dit le calife, et se tournant vers un autre poète : — Vous qui vous vantez fréquemment d'avoir une lyre, dites-moi un peu ce que c'est.
— J'avoue, sublime calife, répondit le poète, que la lyre est un instrument de convention.
— Comme le luth?
— Absolument.
— Et vous faites semblant de savoir en jouer?
— Il le faut bien, sublime calife; la poésie a ses licences, et...

1. Douzain, pièce de monnaie.

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